La musicothérapie est pour moi une science valable car axée
non pas sur un quelconque pouvoir occulte de la musique, mais parce que basée sur la relation humaine.
En effet, c'est pour moi fondamentalement
le patient qui est au cœur du dispositif thérapeutique, ce n'est pas la musique ! Cette dernière est certes importante, puisque si le patient choisit la musicothérapie c'est bien parce qu'il y a ce vecteur-là, sonore, musical, vocal, donc cela a du sens pour lui. Mais c'est tout de même quelque chose à considérer comme
un prétexte à pouvoir dire sa souffrance et à commencer à pouvoir parler de soi. C'est le patient et lui seul qui va dire et qui va faire quelque chose, ça n'est pas la musique ; la musique ne soigne pas, elle n'a jamais soigné ! Elle donne — nous l'avons tous expérimenté — lorsque nous n'allons pas forcément très bien, de par l'écoute d'un morceau ou la pratique de son instrument une certaine forme de soulagement, donc elle possède tout de même quelque répercussion : dans ces moments-là, on se fait en quelque sorte notre "propre musicothérapie", mais une musicothérapie sans musicothérapeute, ça n'en est pas une
Le fait dans un service de soin par exemple de passer de la musique au patient ça n'est pas non plus de la musicothérapie, c'est bien dans cette triangulation patient/musique/thérapeute que réside la relation dite transférentielle (plus d'informations sur cette dernière ici) essentielle à la guérison.